Fondée en 1549, Salvador de Bahia fut la première capitale du Brésil et l'une des plus anciennes villes coloniales des Amériques. Point de rencontre entre les cultures européenne, africaine et indigène, elle est aujourd'hui la capitale la plus afro-brésilienne du pays: une ville où l'histoire, la spiritualité et la musique se croisent à chaque coin de rue.
Salvador est fondée par le gouverneur-général Tomé de Sousa sur les rives de la baie de Tous les Saints, et devient rapidement le principal port de l'Atlantique sud et le cœur de l'industrie sucrière coloniale, une prospérité indissociable de l'esclavage. Dès 1558,
Salvador devient le premier marché d'esclaves du Nouveau Monde, point d'entrée de plus d'un million d'Africains déportés pour travailler dans les plantations de canne à sucre du Recôncavo.
Cette histoire, aussi lourde que fondatrice, explique pourquoi Salvador reste aujourd'hui la ville la plus afro-descendante du Brésil hors du continent africain. Des racines que la ville n'efface pas, mais qu'elle porte et transmet, de ses lieux de mémoire à sa culture vivante.
Le centre historique de Salvador, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1985, s'organise autour de la Cidade Alta et de la Cidade Baixa, reliées depuis 1873 par l'Elevador Lacerda, le premier ascenseur du Brésil. Son cœur, le Pelourinho, tire son nom du pilori où étaient autrefois punis les esclaves. Ses rues pavées, ses maisons colorées et ses églises baroques, dont celle de São Francisco, entièrement recouverte de feuilles d'or, témoignent aujourd'hui d'un passé aussi douloureux que fondateur pour l'identité brésilienne.
Après l'abolition de l'esclavage en 1888, de nombreux affranchis restent dans la ville, donnant naissance à un fort métissage culturel qui façonne encore aujourd'hui l'identité de Salvador. Le candomblé, religion afro-brésilienne née du syncrétisme entre les croyances yoruba, bantoues et catholiques, y est particulièrement vivace. La capoeira, art martial déguisé en danse par les esclaves pour échapper à l'interdiction de s'entraîner au combat, est née dans cette région et continue d'y être pratiquée avec ferveur dans les rues du Pelourinho.
Salvador a vu naître certains des plus grands noms de la musique brésilienne, dont Gilberto Gil et Caetano Veloso. Sa gastronomie, fortement influencée par les traditions culinaires africaines, se retrouve dans des plats emblématiques comme l'acarajé, beignet de haricots frit à l'huile de palme, vendu dans la rue par les baianas en costume traditionnel. Chaque année, le Carnaval de Salvador, considéré comme l'une des plus grandes fêtes populaires du monde, envahit les rues de la ville au son des trios elétricos et des tambours afro-brésiliens.
Bahia, ce sont aussi près de 1 000 km de côtes et de plages d'exception, d'Imbassaí à Caraíva, en passant par Itacaré et Trancoso.
À environ 400 km de Salvador, à l'intérieur des terres, un tout autre paysage se dessine : la Chapada Diamantina, vaste parc national de plateaux, de cascades et de grottes, constitue l'une des destinations de randonnée et d'écotourisme les plus spectaculaires du Nordeste brésilien.
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